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En lisant en écrivant

De la relativité de l'amour

 

/David a laissé/ un Post It où il y avait mes numéros de téléphone et une citation :

La littérature nous prouve tous les jours que la vie ne suffit pas.

Ou le contraire ?

J'ai bu un mauvais Nescafé dans son jardin de curé, les coudes sur une table en plastique blanc de camping ; c'est difficile de boire quand on ne peut cesser de soupirer.

Au sortir d'une nuit d'amour comme celle-là - et, malgré mon passé fastueux, des nuits comme celle qui venait de s'écouler je n'en avais pas tellement eu -, on a la sensation de ne plus être maître de soi, de ses lèvres, de ses mains, jusqu'à la respiration qui semble ne plus vous appartenir.

On s'est tellement mêlés, on a si prodigieusement été l'un l'outil du plaisir de l'autre, que reprendre son corps en main semble insensé.

 

Les premiers mots qui suivirent la nuit où on est non seulement tombés amoureux, mais littéralement tombés l'un dans l'autre, ont une singulière saveur de vérité. Plus qu'on ne le voudrait, on se découvre, à l'autre comme à soi.

Ils restent, ces mots-là, comme un écho qui rend tout le reste indécent.

/David/ me dit qu'il m'avait attendue ; il savait que je lui reviendrais, car j'étais faite pour lui de toute éternité ; moi seule pouvait le guérir de sa fracture profonde, de son mal de vivre ; il me dit que j'étais la femme qu'il avait le plus baisée dans sa vie, tout seul ou aux côtés d'autres.

Il me dit que son âme était à moi et qu'elle m'appartenait depuis toujours.


J'étais comme un enfant pauvre qui hérite de la fortune de Rockfeller.

En même temps, je ne pouvais pas, je ne voulais pas le croire. Ç'aurait voulu dire que je trahissais ce que j'étais, ce en quoi je croyais : que rien n'est éternel, qu'on est profondément et définitivement seuls ; et cela, au fond, me convenait parfaitement.

D'ailleurs, tout ce que j'avais vécu me le confirmait.

Mes meilleurs moments sont ceux que je passe en tête-à-tête avec moi-même, à me balader sur la berge d'un fleuve, à écouter le vent dans les feuilles des peupliers. Ou un livre à la main, étendue dans l'herbe. À écouter La Passion seon Saint Matthieu, à parler à un chat, à dormir dans un grand lit vide et un peu froid...

La présence d'un homme a toujours masqué, d'une certaine manière, mon bonheur. Je n'ai d'yeux que pour lui, alors que le reste du monde m'a toujours semblé plus intéressant que l'amour.

Il y a une vieille dame qui habite au fond de moi, une vieille dame agacée par tous ces frottements, toutes ces scènes, par les baisers et les larmes. Elle a les yeux clairs, la peau propre et sèche, et n'aspire qu'au calme pensif d'un matin d'hiver ; le reste, ça la laisse sceptique et un peu navrée.


Simonetta Greggio, Plus chaud que braise extrait du recueil de nouvelles L'Odeur du figuier.


 -----------------------------------------------    

Être d'eau

 

Je bénis l'inventeur des fiançailles. La vie est jalonnée d'épreuves solides comme la pierre ; une mécanique des fluides permet d'y circuler quand même.

Il y a des créatures incapables de comportements granitiques et qui, pour avancer, ne peuvent que se faufiler, s'infiltrer, contourner. Quand on leur demande si oui ou non elles veulent épouser untel, elles suggèrent des fiançailles, noces liquides. Les patriarches pierreux voient en elles des traîtresses ou des menteuses, alors qu'elles sont sincères à la manière de l'eau.

Si je suis eau, quel sens cela a-t-il de dire "oui, je vais t'épouser" ?

Là serait le mensonge. On ne retient pas l'eau. Oui, je t'irriguerai, je te prodiguerai ma tendresse, je te rafraîchirai, j'apaiserai ta soif, mais sais-je ce que sera le cours de mon fleuve ? Tu ne te baigneras jamais deux fois dans la même fiancée.

 

Ces êtres fluides s'attirent le mépris des foules, quand leurs attitudes ondoyantes ont permis d'éviter tant de conflits. Les grands blocs de pierre vertueux, sur lesquels personne ne tarit d'éloges, sont à l'origine de toutes les guerres.

Certes, avec Rinri, il n'était pas question de politique internationale, mais il m'a fallu affronter un choix entre deux risques énormes.

L'un s'appelait "oui", qui a pour synonyme éternité, solidité, stabilité et d'autres mots qui gèlent l'eau d'effroi.

L'autre s'appelait "non", qui se traduit par la déchirure, le désespoir, et moi qui croyais que tu m'aimais, disparais de ma vue, tu semblais pourtant si heureuse quand, et autres paroles qui font bouillir l'eau d'indignation, car elles sont injustes et barbares.

 

Quel soulagement d'avoir trouvé la solution des fiançailles ! C'était une réponse liquide en ceci qu'elle ne résolvait rien et remettait le problème à plus tard.

Mais gagner du temps est la grande affaire de la vie.

 

Amélie Nothomb, Ni d'Ève ni d'Adam.


 -----------------------------------------------    

Bonheur

Un seul bonheur, tout d'une pièce, terrestre et céleste à la fois, temporel et éternel d'un tenant : le bonheur d'être au monde, en ce monde-ci, de l'habiter pleinement et de l'aimer tout en le reconnaissant inachevé, traversé d'obscures turbulences, troué de manque, d'attente, meurtri, raviné par d'incessantes coulées de larmes, de sueur et de sang, mais aussi irrigué par une inépuisable énergie, travaillé de l'intérieur par un souffle à la fraîcheur et à la clarté d'autore - caressé par un chant, un sourire.

Le bonheur imparti à Bernadette, comme à tous les hommes et femmes de sa trempe, consistait à avoir reçu un don de claire-voyance, de claire-audience qui lui permettait de percevoir l'invisible diffus dans le visible, la lumière respirant même au plus épais des ténèbres, un sourire radieux se profilant à l'horizon du vide, affleurant jusque dans les eaux glacées du néant.

Le don d'une autre sensibilité, d'une intelligence insolite, et d'une patience sans garde ni mesure.

Le don d'une humilité lumineuse - clef de verre, de vent ouvrant sur l'inconnu, sur l'insoupçonné, sur un émerveillement infini.

 
 

Sylvie Germain, La chanson des Mal-Aimants.

 

-----------------------------------------

Femmes, femmes, femmes...


Je me demande ce qu'aurait été ma vie plus tard si, enfant, je n'avais pas bénéficié de ces petites réceptions chez ma mère. C'est peut-être ce qui a fait que je n'ai jamais considéré les femmes comme mes ennemies, comme des territoires à conquérir, mais toujours comme des alliées et des amies - raison pour laquelle, je crois, elles m'ont toujours, elles aussi, montré de l'affection.

Je n'ai jamais rencontré ces furies dont on entend parler : elles ont sans doute trop à faire avec des hommes qui considèrent les femmes comme des forteresses qu'il leur faut prendre d'assaut, mettre à sac et laisser en ruines.

 

Toujours à propos de mes tendres penchants - pour les femmes en particulier -, force est de conclure que mon bonheur parfait lors des thés hebdomadaires de ma mère dénotait chez moi un goût précoce et très marqué pour le sexe opposé. Un goût qui, manifestement, n'est pas étranger à ma bonne fortune auprès des femmes par la suite.

Mes souvenirs, je l'espère, seront une lecture instructive, mais ce n'est pas pour autant que les femmes auront plus d'attirance que vous n'en avez pour elles. Si au fond de vous-mêmes, vous les haïssez, si vous ne rêvez que de les humilier, si vous vous plaisez à leur imposer votre loi, vous aurez toute chance de recevoir la monnaie de votre pièce.

Elles ne vous désireront et ne vous aimeront que dans l'exacte mesure où vous les désirez et aimez vous-mêmes - et louée soit leur générosité.

 

Stephan Vizinczey, Eloge des femmes mûres.

Tic tac

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Vendredi 5 décembre 5 05 /12 /Déc 03:31
Lorsque Christophe m'appela, il était bien plus de minuit.
- Aurélien est à la maison, nous prenons un verre et regrettons ton absence. Viens si tu peux et surtout si tu veux.
Lorsque j'acceptai son invitation, je n'avais aucun pressentiment, juste une idée derrière le cervelet. Qui se précisa alors que je gravissais ses étages.
Au premier, je pensais que le rasoir avait laissé sur mes mollets de petites estafilades.
Au deuxième, que ma peau était néanmoins douce et ma jupe courte.
Au troisième, que faire l'amour avec deux hommes était l'un de mes fantasmes.

Au quatrième, que je ne l'avais jamais réalisé faute d'audace ou d'occasion.
Au cinquième, que je ne devais pas me tromper de porte. Parce qu'il était si tard que tous les occupants de l'immeuble devait déjà dormir.

Hésitant entre deux sonnettes, je collai l'oreille à une porte. Je n'entendis d'abord rien. Puis,
mêlé aux mots d'Aurélien, le rire de Christophe, suivi de peu par le clac sec de la minuterie.
L'escalier se confondit avec les ténèbres. Mes yeux s'échappèrent par la fenêtre du palier. Le blanc de ses vantaux à peine découpé sur l'obscurité offrait un sombre décalque du couloir, d'un noir d'encre intrigant comme la nuit sans étoiles.

De toutes les nuits que j'ai connues, les parisiennes sont les plus profondes.
À cause de la pollution, certes. N'empêche que mon esprit romanesque aime à inventer d'autres causes : un manteau opaque de murmures et d'étreintes enveloppant les immeubles, une chape de secrets se coulant sur les appartements pour en souffler les lampes.

J'aurais pu appuyer sur la lumière ou la sonnette de Christophe. Oui, j'aurais pu, mais il me plaisait trop de rester là, tempes battantes avec mes idées qui se bousculaient, à épier les deux garçons. À projeter le moment où je romprais l'équilibre de cet instant entre plancher et ciel, tendrais ma bouteille d'invitée venue de l'épicerie de coin, m'affalerais sur le canapé et sourirais pour dissimuler mes intentions. Non qu'elles étaient mauvaises, peut-être simplement non partagées.
Depuis le temps que je chemine en solitaire dans ma tête, j'ai cessé d'attribuer aux autres mes arrière-pensées.

- Je crois qu'il y a quelqu'un, chuchota
Aurélien.
La porte s'ouvrit pour me cueillir. La bouteille passa de mes mains à celles de Christophe.
- Tu n'aurais pas dû, dit-il.
- Si, si, insistai-je.
Nous choquèrent nos verres en bons amis. Discutèrent de même tandis jusqu'au moment où Christophe demanda :
- Alors... ?
- Alors... ?
répétai-je.

Je savais pertinemment que cet alors nous mènerait vers un ailleurs. Un ailleurs pour lequel je ne réclamerai pas mon billet
malgré mon envie.
- Alors... Quoi ? reprit Aurélien en écho.
Un peu plus tôt, sa main s'était égarée le long de mon dos. Christophe, depuis son fauteuil, n'avait pu voir cette caresse. Moi, j'avais feint de ne pas la sentir, indifférente et menteuse tandis qu'il me tirait doucement les cheveux, exacerbant le désir dont je me dégageai d'un mouvement d'épaules.

- Alors quoi ?
- Alors rien
, répondit Christophe en s'asseyant à mes côtés.
Ses lèvres se posèrent sur les miennes. Je les goûtai puis tournai la tête vers Aurélien pour qu'il profite de ce baiser. Il pouvait le refuser en se détournant.
Il l'accepta.
Par les mains d'Aurélien et Christophe je fus bientôt déshabillée, effleurée, étreinte, songeant que le désir de toute femme trouverait son achèvement dans ce quatuor-là. Parce qu'elles vous prennent par la bouche, les seins, les cuisses et le sexe. Qu'elles vous touchent en s'immisçant dans vos points les plus sensibles.

Deux mains sont incapables d'offrir ce plaisir-là. Seules quatre le peuvent.
Alors qu'elles me parcouraient, me pénétraient, l'écho de paroles murmurées à un amant de jadis me revint :
- Lorsque ton sexe est dans le mien, je le rêve dans ma bouche. Et lorsqu'il est dans ma bouche, je le rêve dans mon sexe.
Il avait souri de toute son impuissance.
- Mais je ne suis qu'un.
- Oui, mais je te rêve deux.


Cette nuit-là, mon rêve devenait réalité.
Nue et comme sertie entre ces hommes, mon bassin tanguait de l'un à l'autre. À mesure de son oscillation leurs doigts me prenaient, se touchaient et se confondaient.
En moi aussi j'étais deux, d'un deux qui ne font qu'un.

Lorsqu'un seul me possédait, je possédais l'autre par ma bouche. Penchés, accolés par le flanc et l'épaule, Christophe et Aurélien étaient unis par mon corps qui jouissait d'eux comme eux jouissaient de moi.
- Encore... Oui...
Ces mots jaillissaient de leurs lèvres comme des miennes pour se mélanger.

Au petit matin, j'embrassai Christophe et bordai Aurélien dans le canapé devenu lit avant de rentrer, des étoiles imaginaires plein la tête.
Celles-là même que la nuit parisienne n'avait su me donner.
Par Chut ! - Publié dans : Eux - Communauté : xFantasmesx
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Vendredi 28 novembre 5 28 /11 /Nov 02:27

Tu auras la mine chiffonnée de ceux qui sortent des avions et sur toi l'odeur d'autres corps. Celle, trop lourde du parfum capiteux de ta voisine, qui t'aura fait dire en t'asseyant "Jamais je ne tiendrai, je vais vomir", avant de t'y habituer parce qu'on s'habitue à tout, même à l'intolérable.

Celle, rance de peur de ton voisin, qui n'arrêtera pas de se signer alors que l'appareil roulera à toute allure sur la piste. Tu brûleras de lui rabattre les bras sur le fauteuil en lui ordonnant d'arrêter son cirque mais, cloué toi aussi sur ton siège, tu n'auras pas un geste.


L'appréhension commencera d'ailleurs à te gagner, tant la peur est contagieuse. Tu auras beau te répéter que l'avion est le moyen de transport le plus sûr, statistiques à l'appui, des catastrophes et autres histoires de compagnies véreuses te reviendront en tête.

L'avion est sûr, oui, à condition qu'il ne se crashe pas. Là, personne n'en réchappe.


Soudain inquiet, tu penseras aux gros titres des journaux et à ton nom sur une liste de disparus. À tes parents, à la femme que tu laisseras derrière toi et à tes enfants pas encore nés. Peut-être même, s'il reste encore de la place, aux traites de cette maison immense que tu n'as pas fini de payer. Et tu te diras que tu as été bien con de t'engager sur vingt ans alors la vie est si courte. La tienne spécialement, de vie, puisque dans dix minutes, tu es mort.

Et tu t'apitoieras sur toi-même, parti trop tôt alors que tu avais tant à accomplir, rejoignant ainsi, sans le savoir, un flux de consciences montant de ce pays que tu survoles, de tous ces gens blottis dans leur maison, éclopés, malades, ou simplement malheureux.

Tout homme, un jour, regrette son destin.

Et tu te sentiras encore plus con de n'avoir accompli ce voyage que pour étreindre une inconnue.

Et tu te sentiras la force la force du lion si tu en réchappes, te promettant de la garder pour mieux mener ton existence, serrer plus fort le gouvernail dans les tempêtes.


Soudain irrité de ton inquiétude, tu penseras à comment mettre en douce un Valium dans le verre de ton voisin. Ce Valium que tu gardes toujours dans ton bagage cabine, au cas où. La boîte est encore intacte, car tu t'en méfies encore plus que de ce gros homme qui geint maintenant sa trouille sur sa tablette.

Les benzos, ça rend dépendant, et toi, tu n'as jamais supporté la dépendance. Tu as même lu, une fois, qu'elle n'était bonne que pour les animaux domestiques. Ça t'a fait sourire sans ironie aucune, de toute la force des pensées justes.


À mesure du vol, ton voisin se décontractera en grignotant ton espace vital sur l'accoudoir : à peine auras-tu déplacé ton coude qu'il viendra loger sa grosse patte sur la place vacante. De centimètre en centimètre, il n'y en aura bientôt plus un de libre. Aussi devras-tu voyager les mains sur les cuisses, râlant de la position inconfortable que les autres te forcent à adopter. Parce qu'après ton voisin en expansion, c'est la passagère devant toi qui abaisse son siège en te bousillant les rotules.


Tu es si grand que tu as déjà douté pouvoir te caser dans l'interstice de ta place.

- Eh ! Je ne suis pas contorsionniste... as-tu pesté en prenant conscience de ses mesures.

Tu avais pourtant demandé à l'hôtesse lors de l'enregistrement :

- S'il vous plaît, mettez-moi sur une issue de secours. Sinon, je ne pourrai pas m'asseoir.

Pour lui prouver à quel point ta requête était justifiée, tu t'étais redressé de toute ta hauteur en ébouriffant tes cheveux. Parce qu'un jour, une amante t'avait dit qu'avec la tignasse en l'air, tu paraissais encore plus impressionnant.

L'hôtesse t'avait répondu "Mais bien sûr, Monsieur" dans un beau sourire commercial. Ce sourire qui te l'avait rendue si belle alors qu'elle n'était qu'une belle menteuse. Ou une belle salope, tiens, tellement tu as matière à t'énerver.

Parce qu'au lieu de l'issue de secours promise, tu as hérité de la travée centrale, de sa mémère qui empeste, de sa greluche qui incline son dossier en forçant bien sur tes genoux et de son gros lard sans gêne.


Tu te surprendras à penser que ces deux-là, tu les préférais avant. La première lorsqu'elle pérorait à perte de ciel tandis que tu priais pour qu'elle se la boucle, en déplorant qu'elle soit démunie de bouton off. Le second lorsque, tassé de trouille, il ne t'obligeait pas à te ratatiner comme un flan trop cuit.

Lui non plus n'a pas de bouton off, et c'est bien dommage. Parce qu'en plus, il ronfle.


Moi, à des milliers de kilomètres, je ne penserai pas à un bouton off mais à un bâillon. Celui qui étouffera mes cris alors que tu me baiseras ou éteindras dans ma gorge les mots que j'aurais pu te dire.

Entre nous, il n'y aura pas de mots. Juste la nuit et ton sexe dans le mien, puisque c'est pour cela que tu es venu.

Aussi ne te dirai-je rien. Ni "bonjour", ni "merci", ni "au revoir", et encore moins "reviens".

Non. Je penserai juste au murmure d'une chanson d'Higelin qui commence par "C'est pour toi...". Et j'en rirai, parce qu'en me lisant, je sais que tu ne te reconnaîtras pas.

Par Chut ! - Publié dans : Eux
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Mardi 25 novembre 2 25 /11 /Nov 05:20

 

 

Mon père n'a jamais su se maîtriser. Un repas qui n'arrive pas assez vite alors qu'il a faim, un objet qui se trouve dans son passage et sur lequel il trébuche, un mot mal placé...

À la moindre contrariété, l'énervement le gagne. Et si quelqu'un a le malheur de répliquer ou pire, d'en rire, sa colère se déchaîne. Il tempête, il hurle, il vocifère.


Quand j'étais petite, il était le maître de la maison. Celui qu'il ne fallait pas contrarier pour avoir la paix. Celui auquel il ne fallait pas s'opposer à moins d'en payer le prix.

J'avais beau le craindre, j'étais entrée en résistance. Je ne supportais pas son autorité, je m'employais à la déjouer. Et souvent, je m'appuyais sur ma mère qui me couvrait.
Dans son dos, elle réparait mes bêtises. Face de lui, elle prenait ma défense.

Sans m'en rendre compte, je la forçais à jouer le rôle du fusible.


Coincée entre nous deux, elle n'avait d'autre choix que de court-circuiter nos affrontements, de détourner sur elle la colère qui, sinon, fondrait sur moi.
Car lorsque mon père se mettait en rogne, il devenait violent. Il me menaçait d'une "rouste" qui ne manquerait pas de tomber.
Je pleurais ?

Il m'ordonnait de la fermer, sous peine de me fournir une bonne raison de chialer.
Ma mère me consolait, il l'accusait d'entrer dans mon jeu. Il n'avait sans doute pas tort mais à ces moments-là, je le détestais.

Lorsque je l'énervais trop, il me secouait puis me décochait un aller-retour à m'en décoller la tête.

Ma mère le suppliait :
- Ne la frappe pas, elle a des lunettes !
Ces lunettes étaient ma protection. Il ne fallait pas les casser parce qu'elles coûtaient cher et que sans elles,
myopie galopante oblige, le monde se changerait en un ballet d'ombres.

J'avais beau m'y opposer, la violence de mon père me terrorisait. Je savais qu'abandonné à elle, il était capable de tout.
Un jour, à table (le lieu privilégié de nos disputes), je m'amusais à faire bouillonner mon jus d'orange à la paille.

Aussitôt mon père accuse ma mère :
- Regarde ta fille ! Elle a dix ans et tu l'as élevée n'importe comment !
Elle ne répond pas. Sa main se pose probablement sur ma cuisse pour me conseiller de stopper. Elle sent que cela va mal finir.

Je le sens aussi et pourtant, je continue.
- Tu t'arrêtes, sale gosse ?
Je plante par défi mes yeux dans les siens tandis qu'à l'intérieur, je tremble. Prends une grande respiration pour souffler d'énormes bulles dans ma boisson.

Mon père se jette sur la table, essaie de m'attraper par le cou.

Je me recule, les plats voltigent.

Ma mère hurle.

Mon père aussi, mais de rage. Incapable de m'atteindre, il empoigne une bouteille en verre et vise mon visage.

Ma mère crie qu'il est fou, qu'il va me tuer. Son bras retombe.

Zones friables 2La fessée mesurée en punition d'une faute, mon père ne connaissait pas.

Les siennes étaient des déferlements d'une fureur impossible à contenir : il me poursuivait pour me bloquer contre un mur et là, il tapait. Claques, coups de poings, de pied, jusqu'à ce que je l'implore ou ne tombe par terre.
E
nsuite, je me traînais dans ma chambre, avec interdiction d'en parler à ma mère.

Les raclées ont cessé à l'adolescence. Peut-être mon père me jugeait-il trop vieille pour les subir.

Peut-être craignait-il mon jugement de jeune adulte, ou les mots que j'affûtais et qui le blesseraient davantage que ses coups.

Il avait toujours l'avantage de la force physique, mais d'une phrase je pouvais le crucifier.

L'équilibre des forces était atteint : me cogner revenait à rompre notre trêve et à s'exposer à une riposte.


Être hors de soi... Quand je songe à ces scènes d'enfance, l'expression se charge de tout son sens. Littéralement, mon père était hors de lui. Prisonnier d'un espace où la raison, le bon sens n'ont plus cours.

Cela m'effraie parce que cette violence est aussi la mienne. Sauf que pour la réveiller, il faut me mener dans mes ultimes retranchements.

À la différence de mon père, je suis une hyper contrôlée. Mais je sais aussi que, poussée à bout, je ne réponds plus de rien. Au-delà d'une certaine limite, il y a un clic dans mon cerveau. Un mouvement de bascule qui s'opère et me propulse dans un ailleurs où je ne me possède plus.
Même frappées du sceau de l'interdit, des zones dangereuses sont à ne pas réveiller.

 

 

Esquisse et statues de Giacometti.

Par Chut ! - Publié dans : Bribes perso
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Lundi 24 novembre 1 24 /11 /Nov 01:52

Vassilis disparut à nouveau. Lorsqu'il revint enfin, nous reprîmes notre relation au point où elle était restée. C'est-à-dire pas très loin, et surtout  à grande distance d'une quelconque chambre à coucher. Car si Vassilis et moi discutions beaucoup, nous ne faisions pas grand-chose. Mais notre pas grand-chose donnait une signification à notre si peu.

Des lèvres frôlant une joue, une paume apposée sur le col d'une veste, un bras s'égarant autour des hanches... Lorsque l'autre nous plaît, que nous le désirons peut-être autant qu'il nous désire, les gestes les plus simples se chargent d'un sens secret.

Peu importe que les premiers soient dus au hasard et le second à notre imagination. Peu importe si l'histoire que nous forgeons n'est qu'un long monologue, un conte ciselé à notre seul usage. Dans un monde de signes la trivialité devient érotisme, comme la moindre parcelle de notre peau une lande avide d'être bue.


Vassilis percevait tout cela aussi certainement qu'il pratiquait en expert la douche écossaise. Car après l'art de la suggestion, il n'hésitait pas à donner dans la grossièreté.


Ainsi, un soir que nous prenions un verre, il quitta la table pour se soulager d'un besoin pressant. Le café avait beau être branché, les toilettes se résumaient à un réduit à la turque, séparé de l'espace lavabo par une porte en verre dépoli.


Je l'attendis si longtemps que je le soupçonnais d'avoir pris la clef des champs, malgré son sac accroché à la chaise.

Lorsqu'il revint enfin, il avait le regard égrillard et triomphant d'un homme ravi. Me désignant une jolie femme qui se rasseyait sur son tabouret, il me dit :

- J'ai vu sa chatte. Elle me l'a montrée.

Je levai les yeux au plafond. Claquai de la langue comme devant un enfantillage.

- Génial. Vous avez pris date pour que tu la défonces ?


Il rigola.

- Tu sais ce que j'aime chez toi ? J'ai beau être vulgaire, tu l'es toujours plus que moi.

- Tu sais ce que j'aime chez toi ? Tes compliments.

Vassilis, hilare, se tenait les côtes. Pour un peu, il m'aurait tapé dans la paume comme un ancien pote l'égalant dans la provocation. Au sein de l'univers guindé d'une université réputée, dans celui, encore plus confiné, d'un concours élitiste ("Vous êtes la future crème de la France", nous assenait-on sans un milligramme d’humour), où les étudiants sont vieux avant même d'avoir vécu, où le bien-parler prime sur la pensée, cette irrévérence était notre espace de liberté.


L'un comme l'autre, nous y avions recours comme à une révolte dérisoire. Par jeu mais aussi par test, histoire de sonder notre vis-à-vis.

Aussi, à la question innocente "Quel est ton hobby ?" d'un jeune cravaté me contant fleurette avais-je répondu, l'air docte :

- La baise, et toi ?

Choqué, il s'était juré de ne plus m'adresser la parole de l'année.

Fiérote, j'en rigolais sous cape en le voyant m'éviter autant qu'il m'avait recherchée. Et je pensais aussi que j'étais aussi stupide que ma fronde inutile. Ce qui ne m'empêchait pas de glaner de meilleures notes que lui en jouissant de le mortifier.

- Oui, je suis vulgaire. Oui, j'emploie "baiser" à tous les temps de l'indicatif, et même "enculer" si tu veux.

La compétition rend con, ce n'est pas à moi qu'on l'apprendra. Ni à Vassilis, même s'il prétendait y prêter aussi peu le flanc qu'à son image. C'était un aussi gros mensonge que la photo prétendument ratée de la quatrième de couverture de son premier roman.

Il y apparaissait les yeux un peu gonflés, les cheveux gominés, le cou niché dans un manteau.

- Le photographe m'a réveillé à l'aube alors que j'étais crevé... argumentait-il.

N'empêche qu'il savait que sur cette photo, il était aussi attirant que le diable déguisé en ange déchu. Et sous son nom où figurait la liste de ses ex-métiers ("éboueur, barman, cobaye, guide touristique, libraire, fleuriste, déménageur"), j'y ajoutai mentalement celui de "fantasme ambulant".


Vassilis était une solution de non-continuité qui me fascinait. Moi qui me targuais de vite classer les gens, il se déjouait de mes cases d'un simple coup de reins, en musardant. Et plus je croyais l'attraper, plus il me filait entre les doigts comme du sable.

Tour à tour tendre et cruel, consolateur et peau de vache, Vassilis me renvoyant à mon impuissance était pour moi un méta-piège : alors que je croyais le saisir, je ne me saississais que moi-même et m'enfermait plus avant dans les lacets de mon obsession. Étranglée jusqu'à la glotte, aveuglée au-delà de la cécité, je ne percevais même pas que je ne tournais qu'en rond en me mordant la queue.

Face à cet homme, plus qu'échec j'étais mat sans vouloir le reconnaître.


Il y avait heureusement des moments de répit où nous nous retrouvions à La Buvette, un lieu aujourd'hui disparu. Serti dans la cour d'un immeuble en démolition, il proposait des tables improbables aux chaises dépareillées.

L'ambiance y était camping, nous décontractés. Par les beaux jours d'un printemps timide, les derniers rayons d'un jour qui flanche caressaient nos peaux incapables de se toucher. Nous regardions en silence le soleil disparaître entre les immeubles. Tandis que son disque laissait place à la pénombre, nous fixions la flamme de la bougie qui chancelait entre nous.

- Que vas-tu faire maintenant ?

- Rentrer chez moi, répondais-je.

Vassilis inclinait la tête, à moins que ce ne fût le contraire.

Car à ma question "Que vas-tu faire maintenant ?, il répondait toujours "Rentrer chez moi". Et toujours je le laissais s'échapper comme il me laissait partir. Avec regrets, en se retournant une ultime fois alors qu'il pensait que je ne le voyais pas.


Un soir, je regagnai mon chez moi après un dernier café à La Buvette, mais sans avoir vu Vassilis, puisque nous n'avions pas rendez-vous.

J'avais néanmoins espéré qu'il serait là. Comme si, se logeant dans ma tête, il avait pu deviner où j'allais pour m'y rejoindre. Ou comme si, reliés en amants par l'écheveau de notre désir, il avait tiré sur son fil pour en dévider la pelote.


Vautrée sous la couette, j'étais plongée dans une version latine lorsque mon téléphone sonna.

- Allô ? articulai-je d'une voix revêche.

- C'est Vassilis.

Les feuilles me tombèrent des mains.

- Je passais en voiture dans ton quartier... Me demandant du même coup si je pouvais passer chez toi.

- Chez moi ? repris-je stupidement.

Je survolai, désespérée, le désordre de mon deux-pièces. Des vêtements tire-bouchonnés, des assiettes sales et des livres ouverts se battaient en duel à même le plancher.


Un vent de panique me submergea.

- Chez moi ? C'est que...

Avouer que j'étais une souillon vivant dans un bordel noir était au-dessus de mes forces.

- Impossible, coassai-je. Je... travaille.

- Tant pis, j'aurai essayé, conclut-il.


Je bondis pour me transformer en pelleteuse. Planquai sous le lit les vieilles fringues, poussai la vaisselle dans la cuisine, entassai les bouquins dans les placards. En ouvrir un revenait à se faire scalper par un Gaffiot.

À moins de venir chez une femme pour inspecter ses placards, il y a sûrement des façons plus bêtes de mourir.


J'eus beau me dépêcher, la somme de toutes ces opérations m'occupa au bas mot une demi-heure. Alors que je rappelai Vassilis, je ne nourrissais aucune illusion : il était au loin depuis longtemps.

- Euh... Tu peux venir si tu veux... Je ne travaille plus...

- Mais je suis sur le périphérique, maintenant, objecta-t-il.

- Tant pis, j'aurai essayé.

- Ne bouge pas, d'accord ? Je fais demi-tour.

Ne pas bouger, Vassilis n'avait guère besoin de me l'ordonner.

Pris comme un lapin dans la lueur de ses phares, je restai pétrifiée au milieu de mon salon en guettant la sonnette.


(À suivre !)


Toiles : pour la plus connue, L'Origine du monde, de Courbet.

Pour la moins connue, Combat, de Meriem Banchoabane.

Par Chut ! - Publié dans : Eux
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Dimanche 23 novembre 7 23 /11 /Nov 00:50

Le combat qui s'engagea fut en effet une drôle de guerre. À la proposition incongrue de Vassilis je répondis "non", évidemment. Un non à la fois assez ferme pour qu'il ne réitère pas sa demande, et assez ouvert pour qu'il ne parte pas sur-le-champ.

Plus que mouchée, j'étais en vérité impressionnée par son culot.

Cet homme se croyait-il donc dans une confiserie où il lui suffirait d'apparaître pour se servir ? De quel bois était-il fait pour se jeter ainsi à la tête d'une femme ? Pour encaisser sans broncher un refus annoncé, et ajouter sur le ton d'une évidence proche de l'insulte :

- Oh, vous êtes bien conventionnelle.


Ma part guerrière désira soudain lui envoyer son gobelet au visage. Ou de le traîner à l'hôtel histoire de le détromper, en pariant qu'arrivé à la porte, il se dégonflerait. Mais la violence ou l'acceptation étaient sûrement les réactions qu'il attendait.

Échouant à me montrer originale, j'optai pour l'attitude la plus prévisible : la demi-mesure.

- Conventionnelle ? Si vous voulez, d'autant que je ne vous connais pas.

La déception se peignit alors sur son visage.

- Mais si, vous me connaissez. Comme moi, je vous connais.

- Pardon ? questionnai-je, soupçonnant une grossière manœuvre de séducteur.

- Oui... Le jour où vous avez rabattu le couvercle du piano, j'étais votre amant de l'ombre.

Le gobelet éclata entre mes mains. Un fond de café froid me poissa les doigts. Je les portais à mes lèvres en regardant Vassilis se lever.

- À bientôt, me dit-il.


À bientôt... Vassilis mentait.

Après cet au revoir, il disparut. J'arpentais les couloirs, fouillais les recoins des amphithéâtres, guettais sa silhouette dans la cour.

En vain. L'homme de l'ombre s'était échappé, évaporé, volatilisé.


Je l'oubliai comme un songe trop vite enfui lorsque Vassilis ressurgit des limbes. C'était un après-midi de grande fatigue où, harassée, je traînais mes livres épaules basses.

- Un café ? me proposa-t-il simplement.

J'acceptai sans un mot ni un reproche. J'avais déjà assez vécu pour savoir que certains "à bientôt" ne sont que des adieux qui taisent leur nom.


Après ce café, il y en eut un autre, puis encore un autre, puis plus rien. Qu'il le calculât ou non, Vassilis, traversant ma vie par éclipses, me prenait toujours à rebours et par défaut. Sans cesse là où je ne l'attendais pas, jamais là où je l'attendais, il se dérobait alors que je croyais le saisir en me laissant un vide au cœur. Et, sur la langue, l'âcre goût d'inachevé du mauvais café.

Ses absences prolongées l'imposaient à mon esprit plus sûrement que sa présence. Son image me berçait le soir, habitait mes rêves, m'éveillait au matin. À peine debout, je me surprenais à penser :

- Le verrai-je aujourd'hui ?

Jour après jour, je me découvrais hantée.


Notre relation à ellipses avait les serpentines d'une boucle qui peu à peu serrait mon cou, m'étranglait, m'étouffait. Je brûlais de la trancher pour m'en délivrer. Mais pour ce faire, je devais à mon tour demander à Vassilis, employant le vouvoiement que nous n'avions jamais quitté :

- Voulez-vous coucher avec moi ?

Ma fierté m'interdisait d'ajouter "s'il vous plaît". Comme elle m'interdisait, évidemment, de le lui demander tout court. Alors je restais là, suspendue à ma potence, lui supposant d'autres femmes, d'autres conquêtes. Celles, par exemple, qu'il évoquait en se vantant un peu. Celles dont je prétendais me ficher, mais auxquelles j'objectais les miennes.


Dressés l'un face à l'autre comme deux chats, Vassilis et moi multipliions les coups de patte.

"Tu me griffes, je te pince. Tu me pinces, je te mords. Tu me mords, je te déchiquète.

Tu me fais mal, je te fais mal. Et plus mal que toi."

Notre surenchère avait une allure civile, elle ne l'était pas. Si, au début, nous avions lutté par jeu, la donne avait changé. À présent, je luttais pour ne pas lui concéder une once de terrain. Sinon, il me dévorerait toute crue sans que je ne puisse sauver ma peau.

Emportés par nos escarmouches, nous nous croyions très malins. Nous n'étions en fait que deux imbéciles.


Le jour où je le traitais de Don Juan, Vassilis n'approuva pas. Ne nia pas.

- Vous m'énervez, dis-je.

Il se contenta de sourire, ce qui aiguillonna ma fureur.

- Ton arrogance est insupportable, ajoutai-je.

Il gloussa, fanfaron :

- On se tutoie, maintenant ?

- Oui, on se tutoie et je te dis merde. Tu sais quel surnom je t'ai trouvé ? Non, hein ? Fier-à-bras, parce qu'il te va comme un gant. Alors continue comme ça et je finirai par te détester.


Son sourire s'effaça brutalement. Balayé, l'homme sûr de lui. Vassilis eut soudain le regard d'un enfant perdu.

- Parce que tu crois peut-être que moi, je ne me déteste pas ?

Je me serais mordu la langue au sang s'il n'était pas trop tard pour les excuses.


La corde autour de mon cou gagna un cran supplémentaire. La faille ouverte en Vassilis me liait plus sûrement à lui que tout le reste.

Je bus une dernière gorgée de café. Elle était amère comme ma victoire.



(La suite bientôt...)


L'acrylique est de Nathalie Carrette.

 

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