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En lisant, carnet de bons mots

Dans ces bras-là...


Ça tombait bien, au fond, cette foudre me transperçant à la terrasse d'un café, c'était un signe du ciel, cette flèche fichée en moi comme un cri à sa seule vue, cette blessure rouvrant les deux bords du silence, ce coup porté au corps muet, au corps silencieux, par un homme qui pouvait justement tout entendre.

Il me sembla que ce serait stupide de faire avec lui comme toujours, et qu'avec lui il fallait faire comme jamais.


Camille Laurens.

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Aujourd'hui, embrumés, vous n'avez qu'une pensée : qu'on coupe court à la migraine... en vous coupant la tête.

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Mardi 27 juillet 2 27 /07 /Juil 14:02

Du lard et du cochonLe chien blanc est maintenant attaché devant ma maison, près de la balançoire. Ses deux autres compères ont été déplacés à l’arrière, derrière les fenêtres de la petite chambre. Aucun abri ne les protège de la pluie qui tombe à verse. Lorsqu’elle cingle le toit, aussi dure que des hallebardes, ses cascades m’éveillent et je pense à eux, retenus dehors par une courte corde, prostrés à même la terre détrempée et tremblants de froid.

L’orage peut durer des heures, toute la nuit et même la journée. Leur silence de pauvres bêtes m’inspire de la pitié, mais que faire ? Dès qu’ils me voient sortir, ils hurlent pour m’arracher quelques caresses.

 

Hier, je leur portai une assiette de gâteaux rassis. L’arrière-cour était plongée dans le noir. Sans lampe de poche, je prenais garde où je mettais les pieds. Le sol mouillé était glissant, les flaques larges comme de petites piscines, les cailloux aussi coupants que traîtres.

Arrivée près du grand arbre, je crus distinguer une ombre. Je sursautai. Elle poussa un grondement sourd en se rejetant dans l’obscurité.

Un cochon. Bien gros et bien gras, ligoté par le cou et le ventre à un pilier.

Je me doutais de ce qui allait suivre. Lui lançai tous les gâteaux et repoussai la porte de chez moi.

 

A six heures et demi ce matin, ses cris me tirèrent brutalement du sommeil. Les hurlements d’un cochon qu’on égorge sont épouvantables à entendre. Ils giclent dans l’air tels des spasmes de sang chaud, saturent l’espace de leur désespoir, montent, descendent, s’arrêtent pour repartir dans les aigus et se briser dans les graves. Braillements terribles et presque humains, faiblissant à mesure que la vie s’échappe en rigoles de leur cou béant.

Je ne voulais pas les entendre. Pas imaginer la scène se déroulant à quelques mètres, la bête agonisante et les hommes aux bras éclaboussés de sang.

Je me bouchai les oreilles. En vain. Les beuglements étaient si assourdissants que j’avais l’impression d’être tout à côté. Alors, paumes pressées contre mon crâne, je me mis à chanter, de plus en plus fort.

Dix minutes et il n’y eut plus que le silence.

 

Je repensai au petit-déjeuner d’un dimanche. A l’aube le cochon de l’arrière-cour avait été tué. Sur ma terrasse je mangeais du bacon, avec pour vue immédiate une grande bassine en fer blanc. De ses bords dépassaient un ventre rond et des pattes roses bizarrement tordues, comme si l’animal, retourné, creusait la terre pour s’y enfouir.

Une grande fête avait suivi. Celle de ce soir se prépare. Dans le jardin fleurissent les chaises en plastique, sur les tables les bouteilles de bière. Des enfants jouent aux billes sur le gazon humide. Une petite fille étrangement chauve marche empêtrée dans sa robe rose.

Moi aussi je suis invitée, mais à vrai dire, je n’ai pas très faim.

 

 

Tableau de Francis… Bacon.

Par Chut ! - Publié dans : Une vie aux Philippines
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Commentaires

C'est tellement affreux que je me demande comment tu as pu écrire sur un pareil sujet! Cela dit, j'en connais un ici qui, en tant que fils de p...aysan, a l'audace de se vanter de savoir égorger le cochon. Du coup, en pensant à "Sévère", je m'interroge.

 

 

 

commentaire n° :1 posté par : Ordalie le: 27/07/2010 à 18h59

Affreux, oui, mais ça fait aussi partie de la vie d'ici. Similaire aux fêtes de village où on tuait le cochon (y en a-t-il encore beaucoup dans les campagnes françaises ?)... des réjouissances assez rares au vu du prix de la bête. C'est plutôt immonde mais je mange de la viande... En revanche, ce qui me paraît terrible est la longueur de l'agonie. Il y a des moyens plus rapides pour tuer un animal.

Je n'ai pas compris pour Sévère. Tu penses au livre de Jauffret ? Un lien avec Dame ?

réponse de : Chut ! le: 28/07/2010 à 08h03

Quand j'ai fait une allusion à "Sévère", j'ai probablement eu une association d'idées qui était alors claire dans mon esprit...mais que j'ai oubliée depuis. Malin, non?

commentaire n° :2 posté par : Ordalie le: 28/07/2010 à 08h54

Ca m'arrive souvent ! Eh, je viens tout juste d'y penser... Peut-être les circonstances du crime ? Ou de cette relation tissée de pas mal de sang ? Ca collerait bien avec le billet !

réponse de : Chut ! le: 28/07/2010 à 12h33

Voilàààààà! C'était bien ça!

commentaire n° :3 posté par : Ordalie le: 28/07/2010 à 18h08

On s'est bien comprises ! :)

réponse de : Chut ! le: 29/07/2010 à 14h57

Encore une fois, bravo.

Beau contraste entre le début et la fin, saisissant et bien rendu. Une ambiance totalement différente, quand on ne pense pas aux horreurs qui ont pu précéder...

commentaire n° :4 posté par : Bulle Ocean le: 31/07/2010 à 04h26

Merci !!

Oui, la fête du soir semblait tout à fait décrochée du sacrifice du matin... Hier, re-fête mais heureusement, sans cochon au menu. Juste des enceintes qui braillaient une musique terrible ! Heureusement, tout a été éteint pour minuit, on se couche tôt ici (mais se lève tôt aussi... le balayage du jardin commence vers 5h30, heure à laquelle je suis profondément endormie !).

réponse de : Chut ! le: 31/07/2010 à 19h12

Et je voulais rajouter deux choses :

Je suis toujours épatée des photos que tu trouves pour agrémenter tes articles. Tu fais des recherches comment ?
En tous cas, un grand Bravo pour Mr BACON ! :D

Et du coup, une question : je suis en train de créer mon blog "érotique" sur Erog / Overblog, et j'ai vu que j'ai droit à 200 photos à stocker, uniquement. Comment fais-tu, toi ? Parce que tu as dû facilement les dépasser... Tu mets les photos ailleurs ? Tu peux faire des liens à partir de sites ?

Bonne journée. :)

commentaire n° :5 posté par : Bulle Ocean le: 31/07/2010 à 17h22

Pour les recherches : soit par mot-clef avec Mr Google, soit par artiste que j'apprécie. J'aime aussi regarder des galeries de tableaux et photos en passant d'un lien à un autre. Je garde en copie toutes les oeuvres qui me plaisent (ou me dérangent !), m'évoquent quelque chose, sans forcément savoir si je les utiliserai un jour pour un article. Du coup, je dois en avoir qqs centaines en réserve, dans un fichier spécial. Quand je me mets à la rédaction d'un article, je les fais défiler pour choisir celles qui correspondraient le mieux - à moins que j'ai déjà une idée très précise de la toile / photo.

Pour Bacon par exemple, l'artiste autant que le tableau se sont imposés à la relecture... et il se trouve (mais c'est un hasard !) que le nom collait à merveille. 

 

Je suis un peu étonnée par les 200 photos. Tu es sûre que ce n'est pas 200 par dossier ? Je peux stocker 200 photos en "libre" (cad sans les classer dans un dossier), mais pour aller au-delà, il me faut créer un dossier pouvant contenir jusqu'à 200 photos. Cet archivage est plus pratique, car avec toutes les photos en vrac, c'est vite le bordel !

Quand j'ai commencé ce blog, il était hébergé par Overblog. Ce n'est qu'ensuite que la plateforme a été divisée, et que les blogs érotiques et assimilés ont migré sur Erog. Du coup, il se peut que les règles de stockage aient changé, mais cela m'étonne : 200 photos, c'est très peu !

 

Bonne journée à toi aussi. C'est plus que l'heure du coucher ici ! :)

réponse de : Chut ! le: 31/07/2010 à 19h08

Je ne sais plus si j'ai répondu ?
En tous cas, (re) merci pour ces infos. :) C'est en effet 200 photos par dossier, et 4 Go en tout.

Combien de décalage, avec "ici", alors ? ;)

commentaire n° :6 posté par : Bulle Ocean le: 07/08/2010 à 23h33
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