Mercredi 7 janvier
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Il
est paraît-il des peaux si foncées qu'elles ont des reflets bleus.
Bleu nuit. C'est la couleur sous mes paupières lorsqu'Andrea m'embrasse. J'entrouvre les yeux et Andrea devine leur bleu pâle. Ce bleu que, trouvant si beau, il aimerait peindre "pour en capturer l'expression", dit-il.
- L'expression, oui, mais laquelle ?
- Laquelle ? Je ne sais pas, elles sont si changeantes...
Si je savais dessiner, sous mes pinceaux Andrea se changerait en panthère ou en guerrier Masaï.
Si j'étais photographe, ce sont nos corps nus et enlacés que je voudrais pour modèles. Le cliché serait fidèle à notre image dans le miroir : ses longues jambes serties entre les miennes, son haut
bassin pressé contre mes fesses rondes, un bras traversant mon ventre et refermé sur mon flanc, l'autre appuyé sur ma poitrine, avec ses doigts emprisonnant mon cou.
Le contraste de nos couleurs mêlées est saisissant, sublime, érotique. Et plus encore, peut-être, lorsqu'il se défait. Que ma chevelure blonde cascade sur le sommier et qu'Andrea l'empoigne pour me
relever la tête.
- Regarde...
Dans le miroir je vois du ciel, du sable et de l'ébène, ses nattes de mousse entre l'émail de mes
dents, nos chairs minérales et végétales.
Si je pivote surgit de mon corps de porcelaine l'îlot noir de ma toison. Andrea glisse sa langue entre ses algues folles. Quand il en touchera le corail, il fera à nouveau bleu nuit sous mes
paupières.
Mais quelle couleur fait-il sous les siennes lorsque son sexe est dans ma bouche ?
Par Chut !
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Publié dans : Andrea d'ébène
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